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Les Enfants de Pen Bron, La Turballe

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Article in Ouest-France, 11 novembre 2009 : 35 ans après, il revient sur son séjour à Pen Bron.
Michel GODIN.

"Quatre mois sur un lit d'hôpital à Pen Bron, quel genre de souvenirs en gardez-vous ?

En fait, je n'ai jamais coupé les ponts avec Pen Bron. Chaque année, depuis 35 ans, je fais le trajet depuis Châteauroux jusqu'à La Turballe. J'ai besoin d'entretenir ce souvenir qui, immanquablement, me remet en question. Avec trois copains on partageait la même chambre. Moi, j'étais atteint d'ostéochondrite bilatérale. Une maladie grave, sûrement plus facile à gérer et à accepter quand on est enfant qu'une fois adulte.

Pourquoi ne pas tirer un trait définitif sur cette période douloureuse de votre vie ?

Depuis mon enfance, je n'avais qu'une envie, renouer avec ce passé. Gravir les marches qui mènent à l'accueil et redécouvrir, avec mon regard d'adulte, l'intérieur du centre. Un endroit où je n'avais jamais eu la possibilité de poser les pieds à terre, cloué sur mon lit à roulettes. En juin, j'ai franchi la porte lors d'une visite accompagnée. J'ai retrouvé le service pédiatrie, ma chambre, la salle de cours et surtout la salle télé, là où la vue est magnifique sur l'océan. Surtout quand on est allongé. J'ai franchi pour la première fois les portes de la chapelle. Un endroit resté pour moi mystérieux, inaccessible depuis mon lit.

Cette visite vous a donné envie de faire partager vos émotions et votre vécu avec d'autres personnes ?

Il faut comprendre que les enfants hospitalisés loin de chez eux retrouvent ici une seconde famille. Il m'est apparu nécessaire de créer un blog (1) pour rassembler et faire partager nos témoignages. Je m'adresse aux enfants de Pen Bron d'hier et d'aujourd'hui qui ont vécu la même chose que moi et ont besoin d'en parler. Dès la mise en ligne, cela a été un succès. 16 000 lectures en quatre mois. Je reçois des messages d'un peu partout.

Vous en parlez un peu comme d'un souvenir de vacances ?

Cela reste un souvenir douloureux. J'ai été opéré treize fois. J'ai deux prothèses de hanches et je suis handicapé à 80 %. Prochainement, je serais amené à faire de la rééducation et je veux impérativement que cela se passe à Pen Bron. Regarder la mer quand vous ne pouvez pas bouger c'est fantastique. Quand j'ai entendu parler de fermeture d'un certain nombre de lits, j'ai pris une claque. Un tel cadre et une telle qualité d'accueil permettent d'alléger les souffrances. Il faut préserver ce petit bout de presqu'île, témoin de guérisons et de douleurs. C'est là où j'ai appris à aimer la mer."

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